Les pages de Virginie

BLANC


Blanc, tout est blanc !
Pas une seule couleur ?

Je suis couché dans un grand lit blanc,
avec une couverture blanche,
dans une chambre aux murs blancs
avec, accroché au plafond,
un lustre blanc

J’ai attendu toute la journée.
La nuit noire est venue.
Toujours pas de couleur !
Par la fenêtre, une lune blanche dans le ciel noir.
Soudain une étoile filante passe.
Vite je fais un vœu !
Je voudrais savoir où sont passées les couleurs.

Le lendemain matin, tout est toujours blanc.
Un homme habillé en blanc
entre dans ma chambre et m’apporte une lettre.
Une enveloppe... blanche.

J’ouvre l’enveloppe.
A l’intérieur c’est un festival éblouissant :
ce sont les couleurs qui m’écrivent

Le jaune est avec des accordéonistes,
un gros monsieur et une petite dame cachée derrière lui.
A l’intérieur du soufflet de leur accordéon,
le jaune fait entendre
leur musique ensoleillée.
Il vit avec eux de grands moments de fête.

Le bleu est avec une acrobate.
Perchée, avec l’aide de son parapluie,
en équilibre sur des échasses,
un monocycle ou un fil.
Le bleu s’élance plus près du ciel.
Il vit avec elle de doux moments de légèreté.

L’orange est avec un vieux jongleur.
Il lance en haut du ciel, puis il rattrape comme un roi.
Son adresse émerveille.
Avec son aide, l’orange s’envole
dans les hauteurs.
Il vit avec lui des moments d’éternité.

Le vert est avec une trapéziste.
Se balançant ou voltigeant.
Le vert virevolte au gré du vent.
Il vit avec elle de hauts moments de liberté

Le violet est avec une équilibriste.
Marchant sur une boule,
dansant avec des foulards.
Le violet s’enroule et se déroule
autour de ses mains.
Il vit avec elle d’immenses
moments de bonne-aventure.

Le rouge est avec un clown.
Posé sur son nez, riant aux éclats
ou pleurant de tendresse.
Le rouge rêve de voyages lointains.
Il vit, sur le nez du clown,
des petits moments de poésie
.

Je referme la lettre, soulagé :
les couleurs n’ont pas disparu.
Je sais où elles sont parties :
elles sont allées faire un petit tour
au cirque, pour se cacher sous un chapiteau.
Mon vœu a été exaucé.
Comme elles pensent rester sous le chapiteau,
hors de ce monde gris,
j’irai les rejoindre bientôt,
dès que je sors de l’hopital.

Car j’y pense, il leur manque...
Un clown blanc !



Cre : 27 aou 2011

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Cre : 27 aou 2011 - Gen : 2012-03-02-19:06:26,45