D o m i n i q u e   G u e b e y    J u n g l e      La marche athlétique

Conseils pour bien régresser et réaliser de belles contre-performances


Tous ces préceptes sont le fruit de l’observation, aucun n’a été inventé

Entre octobre et mars :

Eviter tout effort qui ressemblerait à celui de la compétition : faire soit des séries de 200m à fond (distrayant), soit de longues sorties lentes (propice à la méditation) ; surtout pas ces pénibles sections de 10 à 45 minutes à vitesse élevée.

Deux semaines avant une compétition importante, s’entraîner peu, et surtout pas vite.

La semaine après toute épreuve : ne rien faire.

Suivre un régime végétarien strict.

Le matin d’une compétition, se lever à quatre heures et marcher 15km. Les spécialistes appellent ça "prééchauffement".

Prééchauffement ou pas, au moins une heure avant le départ, agitez-vous, courez dans toutes les directions, ne vous asseyez à aucun moment.

Comme il a été dit au sujet de l’entraînement hivernal, l’échauffement avant une compétition de marche dédaignera l’acte de marcher : on se livrera essentiellement à du footing afin de montrer aux autres concurrents son mépris pour ce qu’ils font.

S’il fait chaud, mettre un couvre-chef, spécialement si c’est le soir et que le soleil est bas.

[Le point précédent me rappelle G. et ses superbes bas de laine rouges et blancs, jusqu’aux genoux en Espagne au mois d’aout. C’était lors de l’éliminatoire Lugano 1979 (nous fûmes effectivement éliminés) ; d’où le point suivant.]

S’entraîner toujours en short et tee-shirt. La chaleur est une sensation désagréable, à réserver à la compétition.

Lors de la compétition, être prudent : partir lentement et se laisser soigneusement distancer. Pour la suite, je n’ai pas de conseil, faites ce qu’il vous plaît (attendre que les autres décident de ralentir ; ou accélérer brutalement).

Si les résultats s’améliorent, notamment si vous pulvérisez votre record personnel, changez immédiatement de programme d’entraînement.

A la fin de la saison, stopper toute activité physique pendant un mois. On risque malgré tout d’avoir progressé : il serait fâcheux de capitaliser cette évolution pleine de risques et de continuer sur une voie aussi déstabilisante.

Un sportif sérieux tient un carnet d’entraînement : le renseigner de tête, une fois tous les 10-15 jours. On attendra la fin de la carrière pour le relire et en tirer des conclusions.

Si vous êtes entraîneur d’athlètes de haut niveau, inculquez-leur l’idée que leurs plus forts adversaires sont des « extraterrestres » (sic), ou sont drogués jusqu’à la moëlle.

Si vous entraînez des jeunes, dites leur de ne pas s’entraîner dur et de « penser » d’abord à leurs études. Ce n’est peut-être pas ce qu’ils vous demandent, mais vous aurez au moins du succès auprès de quelques mères.

(A.T.,Ge,2-2 Le septième jour, l’Eternel se reposa de son oeuvre). L’entraîneur doit empêcher ses athlètes de s’entraîner chaque jour où ils en ont envie. Contre les plus enragés, on peut être amené à user de diplomatie et proposer un concept subtil : il serait profitable de ménager un jour de récupération par semaine. Un certain nombre d’athlètes de bon niveau s’entrainent donc 6 jours par semaine, jamais un de plus. [J’ai toujours cru que le vrai repos réparateur se produisait quelque-part entre 22h et 7h, pendant le sommeil. Et non pas le dimanche (ni d’ailleurs en aout sur une plage ; et pas plus qu’en octobre). Pourquoi un jour de repos sur 7 serait-il plus efficace (et uniformément pour tout le monde) qu’un jour sur 12, ou un sur 5 ? Personne ne m’a encore éclairé… sauf celui qui m’a dit qu’il fallait une "soupape", exprimant un louable souci pour les loisirs des troupes. ]

Cre : 30 mai 2003 - Maj : 25 fev 2013

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