D o m i n i q u e   G u e b e y    J u n g l e          Les belles lettres

Fernando Pessoa, Le livre de l’intranquillité

Ed. Christian Bourgeois, traduction Françoise Laye

N° 26 (120 dans édition portugaise)

Je ne suis guère ému d’entendre dire qu’un homme, que je tiens pour un fou ou pour un sot, surpasse un homme ordinaire en de nombreuses occasions ou affaires de l’existence. Les épileptiques, en pleine crise, sont d’une force extrême ; les paranoïaques raisonnent comme peu d’hommes normaux savent le faire ; les maniaques atteints de délire religieux rassemblent des foules de croyants comme peu de démagogues (si même il en est) réussissent à le faire, et avec une force intérieure que ceux-ci ne parviennent pas à communiquer à leurs partisans. Et tout celà prouve seulement que la folie est la folie.


Senancour, Oberman

(Collection 10/18 Union Générale d’Editions)

Lettre XLIV

Pour les efforts presque surnaturels que la religion fit faire, je n’y vois pas une grande preuve d’origine divine. Tous les genres de fanatisme ont produit des choses qui surprennent quand on est de sang froid.


Cf aussi La Bruyère (De la société et de la conversation) [http://www.dg77.net/pages/passages/labruyere.htm]



Gen.: 2011-12-01-12:29:45,39

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Cre : 21 avr 2002 - Maj : 21 avr 2002