D o m i n i q u e   G u e b e y    J u n g l e      Les belles lettres


D.A.F. de Sade (1740-1814) La Philosophie dans le Boudoir (suite - Cinquieme dialogue)

Cinquième Dialogue

Dolmancé (D), Le Chevalier de Mirvel (Ch), Augustin (Aug), Eugénie (Eu), Madame de Saint-Ange (S-A)

S-A, amenant Augustin : Voilà l’homme dont je vous ai parlé. Allons, mes amis, amusons-nous ; que serait la vie sans plaisir ?… Approche, benêt !… Oh ! le sot !… Croyez-vous qu’il y a six mois que je travaille à débourrer ce gros cochon sans pouvoir en venir à bout ?

Aug : Ma fy ! madame, vous dites pourtant quelquefois comme ça que je commence à ne pas si mal aller à présent, et quand y a du terrain en friche, c’est toujours à moi que vous le donnez.

D, riant : Ah ! charmant !… charmant !… Le cher ami, il est aussi franc qu’il est frais… (Montrant Eugénie.) Augustin, voilà une banquette de fleurs en friche ; veux-tu l’entreprendre ?

Aug : Ah ! tatiguai ! monsieux, de si gentils morceaux ne sont pas faits pour nous.

D : Allons, mademoiselle.

Eu, rougissant : Oh, ciel ! je suis d’une honte !

D : Eloignez de vous ce sentiment pusillanime ; toutes nos actions, et surtout celles du libertinage, nous étant inspirées par la nature, il n’en est aucune de quelque espèce que vous puissiez la supposer, dont nous devions concevoir de la honte. Allons, Eugénie, faites acte de putanisme avec ce jeune homme ; songez que toute provocation faite par une fille à un garçon est une offrande à la nature, et que votre sexe ne la sert jamais mieux que quand il se prostitue au nôtre : que c’est, en un mot, pour être foutue que vous êtes née, et que celle qui se refuse à cette intention de la nature sur elle ne mérite pas de voir le jour. Rabaissez vous-même la culotte de ce jeune homme jusqu’au bas de ses belles cuisses, roulez sa chemise sous sa veste, que le devant… et le derrière, qu’il a, par parenthèse, fort beau, se trouvent à votre disposition… Qu’une de vos mains s’empare maintenant de cet ample morceau de chair, qui, bientôt, je le vois, va vous effrayer par sa forme, et que l’autre se promène sur les fesses, et chatouille ainsi l’orifice du cul… Oui, de cette manière… (Pour faire voir à Eugénie ce dont il s’agit, il socratise Augustin lui-même.) Décalottez bien cette tête rubiconde ; ne la recouvrez jamais en polluant ; tenez-la nue… tendez le filet au point de le rompre… Eh bien ! voyez-vous déjà l’effet de mes leçons ?… Et toi, mon enfant, je t’en conjure, ne reste pas ainsi les mains jointes, n’y a-t-il donc pas là de quoi les occuper ?… promène-les sur ce beau sein, sur ces belles fesses…

Aug : Monsieux, est-ce que je ne pourrions pas baiser cette demoiselle qui me fait tant de plaisir ?

S-A : Eh ! baise-la, imbécile, baise-la tant que tu voudras ; ne me baises-tu pas, moi, quand je couche avec toi ?

Cre : 30 juin 2003 - Maj : 13 aou 2011

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