D o m i n i q u e   G u e b e y    J u n g l e      Les belles lettres


D.A.F. de Sade (1740-1814) La Philosophie dans le Boudoir (suite - Premier dialogue)

S-A : Ah ! mon ami, baise-moi ! Tu ne serais pas mon frère si tu pensais différemment ; mais un peu de détails, je t’en conjure, et sur le physique de cet homme et sur ses plaisirs avec toi.

Ch : M. Dolmancé était instruit par un de mes amis du superbe membre dont tu sais que je suis pourvu ; il engagea le marquis de V… à me donner à souper avec lui. Une fois là, il fallut bien exhiber ce que je portais ; la curiosité parut d’abord être le seul motif; un très beau cul qu’on me tourna, et dont on me supplia de jouir, me fit bientôt voir que le goût seul avait eu part à cet examen. Je prévins Dolmancé de toutes les difficultés de l’entreprise ; rien ne l’effaroucha. "Je suis à l’épreuve du bélier, me dit-il, et vous n’aurez même pas la gloire d’être le plus redoutable des hommes qui perforèrent le cul que je vous offre !” Le marquis était là; il nous encourageait en tripotant, maniant, baisant tout ce que nous mettions au jour l’un et l’autre. Je me présente… je veux au moins quelques apprêts : “Gardez-vous-en bien ! me dit le marquis ; vous ôteriez la moitié des sensations que Dolmancé attend de vous ; il veut qu’on le pourfende… il veut qu’on le déchire. – Il sera satisfait !” dis-je en me plongeant aveuglément dans le gouffre… Et tu crois peut-être, ma sœur, que j’eus beaucoup de peine ?… Pas un mot ; mon vit, tout énorme qu’il est, disparut sans que je m’en doutasse, et je touchai le fond de ses entrailles sans que le bougre eût l’air de le sentir. Je traitai Dolmancé en ami; l’excessive volupté qu’il goûtait, ses frétillements, ses propos délicieux, tout me rendit bientôt heureux moi-même, et je l’inondai. A peine fus-je dehors que Dolmancé, se retournant vers moi, échevelé, rouge comme une bacchante : “Tu vois l’état où tu m’as mis, cher chevalier ? me dit-il, en m’offrant un vit sec et mutin, fort long et d’au moins six pouces de tour ; daigne, je t’en conjure, ô mon amour ! me servir de femme après avoir été mon amant, et que je puisse dire que j’ai goûté dans tes bras divins tous les plaisirs du goût que je chéris avec tant d’empire.” Trouvant aussi peu de difficultés à l’un qu’à l’autre, je me prêtai ; le marquis, se déculottant à mes yeux, me conjura de vouloir bien être encore un peu homme avec lui pendant que j’allais être la femme de son ami ; je le traitai comme Dolmancé, qui, me rendant au centuple toutes les secousses dont j’accablais notre tiers, exhala bientôt au fond de mon cul cette liqueur enchanteresse dont j’arrosais, presque en même temps, celui de V…

S-A : Tu dois avoir eu le plus grand plaisir, mon frère, à te trouver ainsi entre deux; on dit que c’est charmant.

Ch : Il est bien certain, mon ange, que c’est la meilleure place ; mais quoi qu’on en dise, tout cela ce sont des extravagances que je ne préférerai jamais au plaisir des femmes.

S-A : Eh bien, mon cher amour, pour récompenser aujourd’hui ta délicate complaisance, je vais livrer à tes ardeurs une jeune fille vierge, et plus belle que l’Amour.

Cre : 30 juin 2003 - Maj : 13 aou 2011

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